Votre chien saute, mordille ou tire toujours en laisse? Vous avez rencontré un intervenant en comportement, fait quelques exercices, mis beaucoup d’effort, mais rien n’y fait? Vous êtes découragé parce que vous pensez avoir TOUT essayé! Malheureusement, je réalise que beaucoup d’efforts et de temps sont investis par les propriétaires dans l’éducation de leur compagnon, mais une étape importante est presque toujours oubliée : la gestion de l’environnement! Pourtant cette étape est cruciale dans l’élaboration d’un bon plan d’entraînement. Dites-moi comment espérer réussir, si notre compagnon à constamment la chance de répéter le comportement dérangeant? Aussi bien dire que l’entraînement est une longue partie de «serpents & échelles» où la victoire est difficilement accessible, puisque les chances de se retrouver à la case départ sont bien trop nombreuses!

 

Un comportement qui se répète est source de plaisir

Dans la vie, le chien ne gaspille pas son énergie à faire des trucs ennuyeux, au contraire, il cherche sans cesse à se faire plaisir. Alors, plus les conséquences d’un comportement  seront agréables, plus le chien optera pour cette façon de faire dans le futur. D’où l’importance de faire de la gestion afin d’éviter que ce comportement prenne encore plus de valeur. Imaginez un chien qui tire en laisse. Tirer lui permet d’avancer plus vite, de sentir des odeurs, de courir vers le chat du voisin, de rencontrer d’autres chiens… Même si nous punissons le chien pour tirer, le fait est que, pour le chien tirer reste encore sa meilleure façon d’accéder rapidement au bonheur!

 

La gestion d’un comportement

Gérer, c’est simplement faire en sorte que le comportement dérangeant n’arrive pas. C’est une solution préventive et souvent temporaire, le temps d’entraîner des comportements qui seront plus appropriés. L’erreur que nous faisons tous, c’est d’attendre qu’un comportement problématique surgisse pour intervenir. Pourtant, je n’attends pas que ma fille d’un an déboule les escaliers pour installer une barrière de bébé. Ce concept si facile à comprendre avec les enfants est rarement mis en place dès l’arrivée d’un nouveau compagnon à la maison. Je vous assure que sauter cette étape met en péril plusieurs stratégies d’entraînement! 

 

Exemple de gestion

Voici quelques exemples qui m’ont permis de prévenir plusieurs comportements inappropriés avec mes chiens.

Surveillance constante : J’ai souvent perdu le contrôle à cause d’un petit moment d’inattention. Si vous n’êtes pas prêt à miser 1000$ qu’il se tiendra tranquille,  alors gardez-le à l’œil. Ne lui faites pas confiance trop rapidement, celle-ci se mérite! Si vous décidez de le laisser sans surveillance, alors allez-y très progressivement et pour de très courtes durées. Si vous vivez des échecs, c’est que vous allez trop vite! N’hésitez pas à l’apporter avec vous lorsque vous changez de pièce.

Mettez-le en cage : la cage, bien utilisée, est l’équivalent d’une chaise haute ou d’un parc pour enfant. C’est un endroit où votre chien doit prendre plaisir à être. Souvent utilisée lors des départs, la cage est également très utile lorsque nous sommes à la maison. J’ai souvent isolé mon chien à l’intérieur avec son souper, pour qu’à mon tour je puisse manger en paix ou donner le bain aux enfants. Cependant, assurez-vous qu’il s’y sente bien et fournissez-lui toujours quelque chose d’intéressant à faire lorsqu’il est à l’intérieur (activité masticatoire, recherche alimentaire…).

Gardez votre chien en laisse : J’ai des laisses qui traînent un peu partout dans la maison. J’y attache encore mon chien à l’occasion quand je ne suis pas en mesure de le surveiller. Pourquoi lui laisser la chance de venir fouiner à la table lorsque ma fille laisse tomber au sol le trois quarts de son déjeuner? La laisse n’est pas exclusive à l’extérieur elle permet de garder notre chien à proximité et d’avoir un meilleur contrôle même à l’intérieur. Elle nous permet de tenir le chien à l’écart de la visite, elle lui empêche de courir après le chat ou de nous rejoindre à la table lors du souper.

Ranger et rendre inaccessible les objets qui pourraient l’intéresser : tout ce qui pourrait susciter l’attention de votre chien ne devrait pas être à sa portée (chaussures, poubelles, litière du chat, miette de toast sur le comptoir…)

Gardez-le occupé : trouvez des activités qui intéressent votre chien et qui n’impliquent pas votre interaction. Pendant que votre chien s’occupe à gruger un os, ou à faire sortir des croquettes d’une balle interactive, votre chien n’est pas en train de faire des bêtises.

Évitez les situations problématiques : si votre chien est réactif en laisse, évitez de le sortir aux heures de pointe, privilégiez plutôt les moments tranquilles. Si votre chien grogne lorsqu’on s’approche de son os, vous pouvez simplement arrêter de lui en donner le temps de travailler ce comportement.

Fermer les rideaux, utiliser des barrières pour bébé, garder la porte fermée, isoler le chat dans une pièce sont également d’autres stratégies bien simples que j’ai longtemps utilisé!

 

Une solution permanente ou temporaire?

Bien que souvent temporaire, la gestion de l’environnement peut également s’avérer très efficace et devenir une solution permanente. Prenez l’exemple d’une paire de lunette, c’est une solution temporaire, car elle ne corrige pas la vue, mais nous les utilisons sur du long terme pour palier à notre problème.  Si vous êtes satisfait des résultats, pourquoi aller plus loin avec la chirurgie au laser? Il en va de même pour l’éducation de votre compagnon. Si la gestion à elle seule vous suffit, pourquoi vouloir en faire plus?

 

Entraîner un comportement alternatif

Maintenant que la gestion de l’environnement est adéquate, il vous suffit de lui enseigner un comportement alternatif. Trouver ce qui vous ferait plaisir! Une gestion adéquate place automatiquement votre chien en position de réussite. Maintenant, il suffit de rendre ce nouveau comportement plus payant que le précédent! Comment? Sortez les gâteries et n’hésitez pas à communiquer avec moi pour obtenir un plan d’entraînement adapté à votre réalité.

 

Écrit par Sandra D-LaporteTechnicienne en santé animale, TSA, 
Intervenante en comportement animal, membre de ECICQ