Pour plusieurs, mettre un chien dans une cage est inconcevable, voire même cruel. Mais pourquoi certains envisagent la cage comme une prison, un endroit où il ne fait pas bon être? Sachez qu’il y a une différence entre «emprisonner» son chien et lui offrir un endroit sécuritaire où il pourra se reposer et lui éviter de faire des niaiseries. Encore aujourd’hui, la cage est l’outil par excellence pour partir du bon pied dans l’éducation d’un chiot et même vous aidez à corriger des comportements problématiques chez un animal adulte.

 

En effet, lorsque votre compagnon a été conditionné à aimer sa cage, une fois à l’intérieur, il ne peut qu’offrir des comportements exemplaires. Impossible pour le chien de courir après le chat, grimper sur les comptoirs, fouiller dans la poubelle et même sauter sur la visite lorsqu’il s’y retrouve. La cage sera utilisée comme une télécommande vous permettant de mettre les comportements indésirables de votre chien «sur pause» le temps de lui enseigner des comportements exemplaires. Par ailleurs, lorsqu’elle est de bonne dimension, celle-ci motive l’animal à se retenir, selon ses aptitudes (lire notre article sur la propreté), favorisant ainsi l’apprentissage de la propreté.

Vous êtes convaincu de l’utilité de la cage, mais votre chien moins? Ce texte est pour vous!

Une simple question de perception

Le chien est un animal grégaire qui aime faire partie de votre vie sociale. Tolérer la solitude est donc quelque chose qu’il devra apprendre. Alors, avoir accès à toute la maison pour finalement se retrouver enfermé seul un long moment peut vite devenir frustrant et anxiogène pour votre compagnon. Malheureusement, bon nombre de propriétaires ignorent comment introduire la cage de manière positive. Il n’est pas rare qu’on y place l’animal avant notre départ et que l’on croise les doigts pour qu’il ne proteste pas trop. Il arrive également que le chien s’y retrouve en punition après avoir gaffé.  Ordinaire, vous ne trouvez pas? Si votre compagnon est moindrement perspicace, il réalisera très rapidement que la cage est ennuyeuse voir déplaisante et voudra la fuir. Pourtant, le chien qui n’a jamais été enfermé dans une cage ne sait pas à quoi celle-ci sert. Alors si vous faites en sorte que ses premières expériences à l’intérieur soient très positives, plaisantes et uniques, il y a fort à parier qu’il voudra y retourner. 

La cage idéale

La cage idéale doit être assez grande pour que votre poilu puisse s’y tenir debout, se retourner facilement et que celui-ci ait la possibilité de s’allonger lorsqu’il y est couché. Si votre compagnon est déjà propre, il est possible de lui fournir une cage encore plus spacieuse. Autrement, il sera plus facile pour le chiot de se retenir dans un espace restreint. Les modèles grillagés avec un fond amovible  sont habituellement sécuritaires et offre la possibilité d’être évolutive, puisqu’elles sont souvent vendues avec un séparateur. Afin de la rendre un tantinet plus douillette, je vous recommande d’y placer un doudou facile à laver ou à remplacer. Même si la cage n’est pas adaptée à votre décor, il serait préférable de la placer dans un endroit où vous êtes présent, car le fait de se retrouver seul peut être très stressant. Éventuellement, elle pourra être déplacée. Un chien adulte, qui aime sa cage, tolèrera plus facilement d’être mis à l’écart.

 

La découverte positive de la cage

Dès l’acquisition de votre chien, je vous recommande de planifier des sessions d’entraînements afin de bien conditionner la cage.

Au départ, attirez-le à l’intérieur avec des gâteries. Pour que l’expérience reste positive, il est impératif de ne jamais l’introduire de force. Laissez-le entrer et sortir à sa guise sans fermer la porte immédiatement. Éventuellement, récompenser sa décision d’être entré seul à l’intérieur de la cage. Lorsqu’il semble à l’aise, refermer progressivement la porte et continuer de récompenser sa décision de rester à l’intérieur de celle-ci en glissant les friandises, plus loin entre les barreaux. Augmenter graduellement la durée où la porte est fermée, tout en s’assurant que le chien est confortable. Faites de courtes séances d’entraînement (2-3 minutes) entremêlées de pause et de périodes de jeux.

Votre chien est moins confortable si :

  • Il entre sur la pointe des pattes et s’étire pour avoir accès aux gâteries
  • Il s’empresse de sortir de la cage
  • Il halète, gémit, jappe ou cherche à s’enfuir lorsque la porte de la cage est fermée
  • Il ne mange pas la gâterie dans la cage, mais celle-ci à toute son attention lorsqu’elle est offerte à l’extérieurSi vous observez l’un de ces comportements, il est conseillé de recommencer à la case départ ou à un niveau plus facile. N’hésitez pas à demander de l’aide d’un intervenant qualifier si vous ne notez aucune amélioration.

 

La cage qui vaut 1 million de dollars

  • Nourrissez-le exclusivement dans sa cage.
  • Laissez la porte de sa maison ouverte en tout temps et cachez-y des friandises lorsqu’il ne vous regarde pas. Il aura ainsi l’impression que de la nourriture y apparaît par magie et sera porté à aller la visiter par lui-même et à y prendre plaisir.
  • Offrez-lui un os ou un jouet distributeur de nourriture à l’intérieur de la cage. Refermer la porte pour lui indiquer que ce jouet est exclusif à cette situation. Cependant, s’il n’est pas encore complètement à l’aise d’être confiné, attacher le jouet avec une corde, puis laissé la porte entrouverte. Cet exercice vise à renforcer l’intérêt qu’a votre chien de rester à l’intérieur de sa tanière pour de plus longues périodes.
  • Toujours laisser au chien un jouet sécuritaire et stimulant (ex. : un jouet de type Kong® avec de la nourriture à l’intérieur) lorsqu’il est dans sa cage.
  • Une fois le chien habitué à sa cage, continuer de le récompenser de temps à autre, afin de poursuivre l’association positive qui a été créée.

La nuit en cage

Lorsqu’on est dans l’impossibilité de surveiller notre compagnon activement, il est toujours très astucieux de le confiner dans la cage. Cette règle n’est pas différente la nuit. Assurez-vous que votre chien a dépensé son surplus d’énergie et fait un dernier pipi avant de le mettre en cage. Placer celle-ci près de votre lit (adultes) pour diminuer l’anxiété le plus possible. Au fur et à mesure que les nuits seront calmes, vous pourrez l’éloigner progressivement jusqu’à l’endroit désiré.

Parfois deux c’est mieux

Mais que fait-on quand nous devons mettre notre chien en cage et que l’entraînement n’est pas terminé? Ou bien qu’en est-il pour les chiens qui ont déjà pris en aversion leur cage dans le passé? Ici, il sera très avantageux d’utiliser deux cages. La nouvelle qui sera entraînée et conditionnée positivement et l’ancienne qui servira lors des départs ou des dodos le temps que votre chien adopte sa nouvelle maison.

Si l’achat d’une deuxième cage n’est pas envisageable, notez qu’il est possible d’utiliser la même cage, à condition qu’elle soit entraînée positivement dans un endroit différent. C’est-à-dire que lorsqu’on l’utilise positivement, celle-ci doit être placée dans un nouvel endroit, mais lorsque votre compagnon doit s’y retrouver de force, parce qu’il n’est pas encore prêt à passer quelques heures à l’intérieur, celle-ci devra être déplacée dans l’ancienne pièce.

La cage pour punir?

Bien entendu, la cage idéale ne doit jamais servir à punir l’animal. De toute façon, bien qu’intelligent, votre chien n’est pas en mesure de se remettre en question et d’associer correctement le comportement qui l’aura conduit en punition. Cependant, la cage est un excellent outil de gestion et on peut très bien y reconduire le chien AVANT qu’il ait le temps d’offrir le comportement dérangeant. Vous n’avez pas été assez rapide? Souriez et malgré la frustration du moment, si vous devez mettre votre chien dans la cage, assurez-vous que pour votre compagnon ce soit payant.

Un incontournable dans l’éducation

Pour moi, la cage est l’outil par excellence pour apprendre au chien à se calmer, à jouer correctement avec les bons jouets, à avoir du fun même si l’humain n’est pas présent. C’est pratiquement le seul endroit ou peu de comportements dérangeants peuvent survenir. Alors, pourquoi s’en passer? Elle ne sera probablement pas indispensable toute la vie de l’animal, mais je recommande d’utiliser la cage au moins jusqu’à maturité complète de votre compagnon, car certaines rechutes (comportements inopportuns) peuvent survenir pendant l’adolescence qui peut persister jusqu’à l’âge de 2 à 3 ans selon la race.

Finalement, même si je recommande d’utiliser la cage à toutes les fois que vous n’êtes pas en mesure de surveiller votre chien activement, il va de soi que vous devez prévoir du temps dans la journée pour lui faire dépenser son énergie, l’encadrer et l‘entraîner. Et si malgré toutes mes recommandations votre animal présente des signes d’anxiété lorsqu’il est en cage et que vous ne notez pas d’amélioration, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec moi.

Écrit par Sandra D-Laporte,Technicienne en santé animale et intervenante en comportement animal, Membre de ECICQ